Par leur espace particulier, les ateliers d’artistes figurent en bonne place parmi les ancêtres du loft d’aujourd’hui.

Construits sur commande, munis de grandes fenêtres orientées au nord, ces ateliers se multiplièrent à Paris dès le début du XIXème siècle.

A l’époque, la mode était aux sujets militaires ou académiques et aux tableaux démesurés, ce qui obligeaient les artistes à travailler dans des espaces très vastes et des ateliers haut de plafond. On trouvait généralement les peintres aux derniers étages des immeubles, et les sculpteurs aux étages inférieurs ou au rez de chaussée, à cause du poids et de l’encombrement de leurs matériaux et de leurs œuvres.

Cela dit quand on évoque les lofts, c’est plutôt aux locaux industriels ou artisanaux recyclés en logements qu’on pense le plus spontanément : menuiseries, imprimeries, fabriques diverses. A Paris, ce sont les ateliers installés au fond des impasses ou dans les cours, derrières les immeubles d’habitations.
Le phénomène des lofts constitue sans nul doute une des tendances majeures de la nouvelle donne urbaine qui se dessine depuis plus de trente ans.
Recycler un espace utilitaire, s’y installer et y vivre : cette attitude témoigne de la part des adeptes des lofts d’un véritable respect pour le passé urbain. C’est en tout cas la demande inverse de celle des promoteurs qui récemment encore préféraient abattre les édifices désaffectés pour construire sur leur site des bâtiments modernes d’exploitation plus rentables.

Le rôle de la révolution des lofts fut de mettre en lumière l’héritage architectural de la ville, en démontrant du même coup tout l’intérêt qu’il y a de le préserver.
Pour plus de renseignements " lofts, espace pour un nouvel art de vivre " aux éditions Flammarion.
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